Les polices d'écriture

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L'usage des caractères

Lors de la saisie puis de la mise en forme d'un document dactylographié, on s'attardera à différencier les parties, afin que l'œil du lecteur les perçoive sans trop d'effort.

Pour cela, bien sûr on utilisera les spécificités de paragraphes, qu'on appliquera aux différentes feuilles de style (comme les espacements avant et après, les alignements, les retraits...), mais on songera également à jouer sur l'usage des polices.

En effet, il est facile de séparer des parties, en les distinguant par des polices très opposées (mais complémentaires). On évitera de mélanger des polices proches (l'Helvetica et l'Arial, ou bien le Times et le Palatino ou le Garamond, l'œil ne percevant pas de grandes différences). On gardera en général pour les titres des familles de polices "accrocheuses" comme les Linéales (ou "bâtons") ou les Incises. Par contre, pour le texte courant (celui qui aura le style Normal) comme pour les citations et les sources, on utilisera une famille de police romaine, une Garalde, une Réale ou une Didone, qui ont toutes les trois des empattements, agréables pour la lecture d'un texte long.

La confrontation de l'Arial (une Linéale, pour les titres) et du Times (un caractère "romain", de la famille des Réales, pour le texte courant) est un bon exemple de cette opposition.

Tableau de classification • ici

En 1954, Maximilien Vox élabore une classification qui sera couramment utilisée. Elle sera reprise et complétée par l’Association typographique internationale (ATypI), qui la traduit également. Vox divise ces familles de polices en trois groupes :

1. Le groupe des Humanes, Garaldes et Réales (les caractères historiques). ils sont caractérisés principalement par des empattements triangulaires et des faibles contrastes entre les pleins et les déliés.

2. Le groupe des Didones, Mécanes et Linéales (caractères de l'ère moderne, nés de la révolution industrielle de la fin du XIXe). Leurs principales caractéristiques sont la simplicité de leurs empattements.

3. Le groupe des Incises, Scriptes et Manuaires (les caractères calligraphiques).

Notre clasification est fidèle, au niveau de la terminologie, à celle de la classification Vox - ATypI, cependant nous la changeons un peu, rejoignant davantage la thèse de Nadine Suret-Canale, tendant à regrouper les Scriptes et Manuaires, et même les Fractures, toutes les trois ayant un rapport intime avec l'écriture "main". Mais dans ce cas, il faudrait même y joindre les Humanes, qui elles également s'inspirent d'une écriture "main". Nous séparons cependant les scriptes-manuaires des Fractures pour le passé typographique des Fractures.

Aussi, la famille des non-latines ne nous apparaît pas non plus satisfaisante, puisque nous voyons que les mêmes soucis plastiques interviennent dans la réalisation des caractères, qu'ils soient typographiques ou réalisés pour l'ordinateurs. Ainsi, on trouve aussi bien un alphabet grec qui pourrait se classer dans les Garaldes qu'un autre dans les Linéales (comme on le voit dans les écritures chinoises, qui selon les siècles se rapprocheraient des Linéales en s'épurant, et dans d'autres devenant des scriptes dans le cas par exemple de certaines calligraphies). Nous reproduisons toutefois la famille des non-latines, temporairement.

En savoir plus :

Ouvrages

Audin Marius, Le Livre, Forcalquier (04), 1969, Robert Morel éditeur, 282 pages.

Baudin Fernand, La TYPOgraphie au tableau noir, Paris, 1984, Retz, 162 pages.

Mandel Ladislas, Du pouvoir de l'écriture, Méolans-Revel (04), 2004, Ateliers Perrousseaux éditeur, 228 pages.

Sites web

Site "affaire-esperluette" géré par trois personnes (Christian Paput, Aurélien Ferlito, Isabel Torcheux) se définisant autant comme "amateurs" que "chercheurs".

Site associatif "histoire de la typographie" géré par un passionné Jean-Christophe Loubet del Bayle, qui gère également deux autres sites sur le sujet : Typographie & Civilisation (l’histoire de l’écriture, de l’imprimerie et de la typographie) et Planète typographie.

Site Planète Typographie, encore un site de Jean-Christophe Loubet del Bayle. Ce site s'autoproclame "musée" des caractères, il regroupe quatre sections historiques de caractères.

Site Typographia Historia est un portail de la typographie (toujours géré par Jean-Christophe Loubet del Bayle).

Une page montrant d'autres classifications que celles de Maximilien Vox et de Thibaudeau, d'autres classifications intéressantes. •ici