Historique des Gender studies

Trois dénominations différentes pour penser le rapport hommes/femmes dans la société:

Les études sur les femmes ciblent leurs analyses sur la condition féminine et mettent en valeur le rôle des femmes dans la société.
Les études féministes questionnent le savoir historiquement dominé par le système patriarcal.
Les études de genre questionnent le rapport entre les sexes au sein de la société. Elles questionnent le lien entre le sexe et le genre pour penser la construction des rôles sociaux attribués "naturellement".

Quelques figures majeures:

Monique Wittig : ses livres apparaissent comme une volonté de travailler la langue en traduisant dans celle-ci les problèmes de la sexuation. Elle s'oppose en cela radicalement à un autre courant du féminisme qui voulait plutôt valoriser une « écriture féminine ». Pour Monique Wittig la seule vraie question est celle de la littérature : « En littérature, je ne sépare pas les femmes des hommes. On est écrivain ou pas.» Pour elle, « toute œuvre littéraire importante est, au moment de sa production, comme le cheval de Troie », car « son intention et son but sont de démolir les vieilles formes et les règles conventionnelles. Une telle œuvre se produit toujours en territoire hostile. Et plus ce cheval de Troie apparaît étrange, non-conformiste, inassimilable, plus il lui faut de temps pour être accepté.»

Ann Oakley : est la première chercheuse à utiliser le concept de genre en incluant une dimension sociale et culturelle au terme sexe. Au Canada, il est dénommé sous le terme de "sexo-spécificité" alors qu'en France, il est dénommé sous le terme de "catégorie sociale de sexe".
Gayle Rubin: est une des premières chercheuses à nommer le "sex/gender system" qu'elle définit comme la représentation sociale du sexe biologique. Sa vision du rapport entre le sexe et le genre serait à l'image d'un "porte-manteau" corporel.

Linda Nicholson : comprend le rapport entre le sexe et le genre comme dépendant. Sa conception considère la variable biologique comme intégrée à la variable culturelle. D'après les travaux de Laqueur sur lesquels elle s'appuie, les différences sexuelles sont porteuses de significations genrées et situées dans une société particulière à une période donnée.

Le débat Masculin, féminin aux subsistancesPolémiques autour des Gender studiesL'oeuvre de Claude Arnaud